SECTION GRANDE FAUNE : 6 objectifs sont fixés

1°) Maintenir les populations à un niveau acceptable par tous en fonction de la richesse du biotope

Il est prévu qu' un plan de chasse, quel qu' il soit, soit réalisé selon un taux proche de 100% pour contrôler les populations et permettre ainsi à cet outil de jouer pleinement son rôle.
Le comportement des animaux se trouve altéré par le facteur "dérangement" occasionné notamment par la recherche de mues de cerf, de cueillette de champignons ou bien encore une multitude d' activités de randonnée. Pour l' espèce"cerf", cette pression génère des concentrations d' animaux à des époques préjudiciables pour les peuplements forestiers et agricoles (dégâts importants car très localisés et non diffus sur l' ensemble du massif). En effet une utilisation hétérogène de l' habitat peut amener au minimum à un problème de surpâturage (voir les récentes études des Pays-Bas à ce sujet). Il est donc évident qu 'une gestion de ce dérangement s' impose. Dans tous les cas, la recherche de mues est subordonnée à l' autorisation du ou des propriétaires comme le prévoit les textes en vigueur. Une règle à ne pas oublier est que la gestion des cervidés est fonction de l' habitat L' aspect quantitatif est donc prioritaire. Par ailleurs, la gestion qualitative a aussi sa place et peut jouer un rôle significatif dans l' équilibre des pyramides des âges et dans le contrôle démographique des populations. Le cerf fait aussi l' objet d' une différenciation par classe d' âge et par sexe qui doit également être maintenue.
L' objectif pour une population en équilibre avec son milieu est un sexe-ratio de 1/1 et une structure d' âge correcte, ce qui implique un prélèvement se répartissant en 1/3 de biche, 1/3 de JCB et 1/3 de mâles coiffés (sur ces mâles coiffés, 20 à 30% devraient être des daguets).
En revanche, pour ce qui est des cerfs coiffés (exception faite des daguets), 2005 a marqué la fin du distinguo C1-C2 (cerf à double empanure). Par conséquent, le principe d' un engagement moral est retenu considérant que les bénéficiaires d' au moins 2 cerfs coiffés s' engageront à ne prélever qu' un seul C2 dès 2006/07. Un point sera fait après 3 campagnes de chasse sur L' aspect qualitatif global des prélèvements à l' aide de l' exposition de trophées annuelle. La mesure C1-C2 sera réajustée si nécessaire après ce constat et donc dès la campagne 2009/2010. Les trophées de cerfs mâles prélevés (daguets compris), pour l' ensemble des modes de chasse, devront être présentés à l' exposition de trophées annuelle de la FDCO (même chose pour les chevreuils mâles tirés entre le 1er juin et le 4ème samedi de septembre). Pour le chevreuil, l' évolution des populations tiendra compte des prélèvements et de la capacité d' accueil.
Enfin, le sanglier est géré de manière quantitative. La gestion qualitative, caractérisée principalement par les règles de poids, n' est qu 'une règle interne aux chasseurs et ne revêt en aucun cas un caractère officiel. Par ailleurs, aucune restriction de poids n' est appliquée pour le tir du sanglier. Pour finir, la FDCO établira, pour chaque unité de gestion, des objectifs de prélèvements à réaliser en adéquation avec des objectifs de dégâts à ne pas dépasser (voir en annexe 3). Cet état sera effectué principalement sur le sanglier (conjointement avec les missions locales) mais devrait également être étendu aux espèces cerf et chevreuil. Si les chasseurs ne "jouaient pas le jeu" dans le contrôle démographique des sangliers, des opérations de tirs nocturnes et des battues administratives leurs seront imposés. L' évolution du montant des dégâts et de la surface détruite seront les facteurs déterminant pour activer ces mesures après qu' un commun accord ait été trouvé entre le monde agricole, la FDCO et les forestiers (les objectifs de dégâts à ne pas dépasser tenant compte non seulement des dégâts agricoles mais aussi forestiers).
Concernant la prévention des dégâts, les clôtures électriques linéaires ne sont pas souhaitables et leur pose éventuelle doit être faite en concertation avec le propriétaire forestier concerné. Par ailleurs, certains aménagements peuvent être préconisés pour limiter les dégâts de grand gibiers : implantation des JEFS en bordure et ou milieu de bois (contrat 1 an, Gestion de Territoire, CAD,...), de cultures à gibier (non primables à la PAC), enherbement d' allées forestières ou des dessous de lignes électriques en secteurs boisés en guise de zones de gagnage. Enfin, les zones sensibles aux dégâts seront cartographiés en fonction des espèces ce qui pourrait permettre d' ajuster les attributions en conséquence.

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2°) Mettre en place des indices de suivi et des outils de gestion adaptés

Dans le cadre du suivi des pertes extra cynégétiques, une convention devrait être passée avec les services de la gendarmerie de l' Oise, l' ONCFS, la DDE et l' ONF afin de recueillir les informations concernant ces pertes en particulier avec le grand gibier (les découvertes d' animaux morts sont aussi prises en compte). Par ailleurs, la convention département/équarrisseur a été revue. Le tableau de bord ONF d' indicateurs permettant de suivre la dynamique des populations fait désormais référence en matière de gestion des grands cervidés . Il serait intéressant d' étendre aux autres grands massifs domaniaux et ceux de l' Institut de France dans la mesure du possible. Les indices devraient permettre un meilleur suivi de l' évolution des populations de cerfs, l' objectif étant de stabiliser les populations à une densité compatible avec un bon équilibre agro-sylvo-cynégétique, c' est à dire avec des dégâts supportables en plaine et la possibilité de faire des régénérations naturelles sans engrillagement en forêt. Afin d' optimiser le suivi du taux de réalisation, le retour des fiches de contrôle après chaque tir est obligatoire dans les 72 heures suivant le prélèvement conformément à l' arrêté préfectoral du 24/06/93.
La capacité d' accueil des cervidés sera évaluée entre autre par la mise en place par l' ONF d' un indice de consommation. Un partenariat est envisagé en associant la FDCO, le CRPF et l' ONF pour extrapoler la mesure dans les bois privés à l' échelle d' une UG. Des placettes de référence peuvent être mises en place en guise de zones témoins afin d' évaluer l' incidence des cervidés sur les peuplements (tant sur la forêt privée qu'en forêt domaniale-ex. convention ONF/FDC 76). Le travail déjà réalisé dans le cadre de l' observatoire des dégâts de gibier doit être pris en compte et valorisé.

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3°) Encadrer la pratique de l' agrainage

L' agrainage pratiqué actuellement en faveur du grand gibier ne joue plus pleinement son rôle de dissuasion (protection des cultures). Il devient impératif d' encadrer cette pratique avant qu 'elle ne finisse par complètement perdre de vue son objectif. Dans un premier temps, l' agrainage ne sera plus désormais effectué qu'en linéaire et seulement autorisé en milieux boisés et forestiers (interdit en plaine). Seuls les produits végétaux agricoles non transformés sont autorisés à l' emploi de l' agrainage S' il s' avérait que cette pratique continuait malgré tout dans le mauvais sens (agrainage surtout en période de chasse et pas aux périodes critiques des semis par ex.), l' agrainage serait donc restreint à une période comprise entre fin février et début novembre. Cette solution serait évolutive sur la durée de validité du présent SDGC. Les cultures à gibier, les Jachères Environnement Faune Sauvage, les pierres à sel, le goudron de Norvège et le crud d' ammoniac ne sont pas considérés comme des méthodes d' agrainage. Une charte départementale (ci-dessous) régit désormais de façon plus précise cette pratique et sera renforcée par un arrêté préfectoral.

CHARTE REGISSANT L' AGRAINAGE DU GRAND GIBIER DANS L' OISE
Article 1 : L' AGRAINAGE et l' affouragement ont un rôle de dissuasion qui doit permettre de limiter les dégâts aux cultures agricoles. Ils doivent par conséquent être effectués toute l' année, et non pas à la seule période d' ouverture de la chasse du grand gibier, en insistant plus particulièrement aux périodes les plus sensibles (semis, maïs en lait ..)
 Article 2 : L' agrainage en linéaire est le seul autorisé et doit couvrir un linéaire continu (allée,layon ...) d' au moins 50 mètres. Les produits ne doivent pas couvrir uniformément le sol. Il doit être effectué à la volée ou à l' aide d' un véhicule. La fréquence de distribution pourra être limitée en fonction de la disponibilité en fruits forestiers, à une fois par semaine en période de chasse hivernale et 2 fois par semaine aux périodes sensibles pour les cultures agricoles (semis, maïs en lait ..).
 Article 3 : L' agrainage du grand gibier ne pourra se faire qu 'avec des produits végétaux agricoles non transformés (maïs, orge, pois préconisés en mélange pour le sanglier). Les cultures à gibier, les jachères environnement faune sauvage, les pierres à sel, le goudron de Norvège et le crud d' ammoniac ne sont pas considérés comme "agrainage".
 Article 4 : L' agrainage et l' affouragement du grand gibier est interdit en plaine et dans tous les milieux autres que ceux boisés et forestiers. De même, l' utilisation en plaine du goudron de Norvège et du crud d' ammoniac est interdite toute l' année
 Article 5: S' il s' avérait qu' au cours de la durée de validité du schéma départemental de gestion cynégétique de l' Oise, L' agrainage destiné au grand gibier n' était pas réalisé dans les conditions fixées par les articles ci-dessus, la période durant laquelle cette mesure pourra dès lors être appliquée sera comprise entre le 1er mars et le 15 novembre. Cette disposition pourra concerner une ou plusieurs unités de gestion voir même la totalité du département de l' Oise
 Article 6 : L' agrainage réalisé dans le cadre des comptages de sangliers n' est pas concerné par cette charte considérant qu' il est déjà régi par un protocole bien défini.
Article 7 : La présente charte prend effet à la date de signature du schéma départemental de gestion cynégétique par le Préfet de l' Oise Elle sera valable pour l' ensemble de la durée de validité du SDCG.
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4°) Valoriser et développer la recherche au sang

Dans un souci d' éthique et de respect de l' animal, il convient de favoriser le travail de l' Unucr en demandant à tous les détenteurs de plan de chasse de favoriser le passage des conducteurs de chiens de sang au sein de leurs territoires.
Une campagne de communication et de sensibilisation sera mise en place à cet effet. Des journées de formation consacrées au contrôle de tir, au balisage d' une piste, l' impact d' une balle etc. seront organisées conjointement par l' Unucr et la FDCO.

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5°) Éradiquer les animaux échappés (daim,mouflon,cerf sika)

Afin de favoriser au mieux les prélèvements de daims (Cervus dama), mouflons (Ovis musimon) et cerfs sika (Cervus nippon) par les chasseurs du département, le prix des bracelets plan de chasse est fixé au prix matériel. Les attributions seront faites à l' ensemble des demandeurs et sans restriction.
L' arrêté permanent de destruction de ces espèces délivré à l' ONCFS et aux lieutenants de louveterie doit être élargi aux agents de la FDCO et de l' ONF eu égard à la sectorisation de chacun et des opportunités de tirs qu 'ils ont déjà eu par le passé (dans la mesure où les textes réglementaires le permettent).
La réglementation pour l' ouverture des parcs, densité d' animaux/ha, doit faire l' objet d' un suivi plus rigoureux et des autorisations pour 3 ans maximum doivent être données (autorisation à renouveler avec visite sur le terrain tous les 3 ans maximum). Au delà de cet objectif et en dehors des parcs, il est nécessaire et impératif d' établir un code de conduite à tenir avec des animaux au phénotype hors norme ("sanglier bâtard") ou d' autre tel que le cochon vietnamien. Dans tous les cas, ces individus doivent être systématiquement abattus dès lors qu 'ils se trouvent libres dans la nature.

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6°) Maintenir une veille sanitaire

La mission du réseau national SAGIR consiste à maintenir une veille sanitaire sur la faune sauvage au travers notamment de plusieurs interlocuteurs départementaux.
Les animaux analysés permettent ainsi d' appréhender l' origine des cas de mortalités ponctuelles ou massives en diagnostiquant des causes toxicologiques, épidémiques ou parasitaires. L' espèce la plus sensible reste le chevreuil. De nombreux animaux malades, chétifs ou diarrhéiques sont signalés chaque année. D' autre espèces sont concernées comme le cerf (ex. du département de Seine-Maritime : forêt de Brotonne : tuberculose) mais aussi le sanglier. Cette veille aura son importance dans le dossier de commercialisation du gibier.

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